PRÉSERVATION DE LA BIODIVERSITÉ

FAUNE ET FLORE

| n°2025 | Équateur |
| Loreto |

FONDATION SUMAC MUYU

Suivi de la faune et de l’avifaune dans la Réserve du Rio Bigal en Amazonie Équatorienne

Dates de mission : 
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Capacité d'accueil par mission :

DE 4 À 6 VOLONTAIRES EN GROUPE

La Fondation Sumac Muyu (FSM) a été créée en 2008 par deux français, Thierry Garcia et Marion Hiruois, installés en Equateur depuis 2000 pour enseigner le français. Ils décident de créer une Réserve naturelle en 2007 et parcourent le pays pour trouver des terres de forêt primaire à vendre, qui réuniraient plusieurs critères : être situées dans la zone tampon d´un parc national afin de ne pas être un îlot de jungle au milieu des pâturages et avoir des communautés riveraines concernées (environ 150 personnes) par la conservation afin de pouvoir les impliquer dans le projet de la Réserve.
Le site de 1000 hectares sera identifié près de Loreto, dans la zone tampon du Parc National Sumaco et deviendra a Réserve Biologique du Rio Bigal, en référence au nom de la rivière qui sépare le site du Parc National. La Reserve se trouve dans un endroit privilégié d’un point de vue écologique : elle est située sur les contreforts de la Cordillère des Andes, au sud du volcan Sumaco ou plus exactement dans ce que l’on appelle un « corridor écologique » qui délimite l'Amazonie et les Andes. C’est une barrière géographique formée par les Andes qui dispose d’une grande biodiversité et qui favorise le développement et l'évolution de nouvelles espèces.
L’Amazonie et notamment l’Equateur reste confronté à de multiples menaces, comme la déforestation qui a pris des proportions industrielles dans les années 90 détruisant près d’un tiers de forets Equatoriennes en moins de 25 ans. Mais la déforestation est une problématique parmi d’autres. En 1964, des problèmes de sècheresse et de pénurie de terres dans d´autres provinces avaient incité le gouvernement à transformer la forêt Amazonienne considérée « stérile » en terres agricoles « fertiles », offrant des lopins de terres aux agriculteurs avec la condition de cultiver au moins 50% de celle-ci. L’agriculteur devait alors détruire, au minimum, 25 hectares de végétation. De même, entre 1960 et 1970, avec la découverte de gisements de pétrole (la région extrait plus de 60% du pétrole du pays), la déforestation n’a fait qu’accroître. D’abord à cause de l’ouverture des routes au milieu des forêts pour favoriser les transports, puis à cause de la surpopulation engendrée par ce trafic.
En parallèle, le trafic de bois est une autre des menaces qui pèsent sur les forêts. Les propriétaires terriens récoltent le bois rare et en font leur première source de revenus, sans qu’aucun contrôle ou plan de gestion soit mis en place. De nombreuses espèces endémiques sont ainsi amenées à disparaître. Enfin, à cette liste de facteurs de destruction s’ajoute l’avancée sans précèdent de la frontière agricole et des activités dédiées principalement à des projets agro-silvo-pastoraux.
Pour assurer la conservation de la Reserve, la FSM met en place de nombreuses activités au quotidien comme le recensement, la classification et le suivi des espèces (amphibiens, reptiles, Tapir, etc.). En effet, connaître la faune et la flore d’un espace préservé permet de mettre en œuvre les mesures de protection et de conservation adéquats, d’alerter les autorités compétentes quand une espèce est menacée etc… La Fondation, qui partage les environs de la réserve avec des communautés locales mène également des ateliers d’éducation environnementale, veille au respect des bonnes pratiques agricoles des communautés vivant aux alentours de la Reserve, participe à la création d’infrastructures (maintien des sentiers, fabrication des panneaux interprétatifs, constructions de bambou, toilettes sèches en bambou écologiques, fabrication de papier recyclé etc.) met en place des séances de sensibilisation à la santé auprès des communautés (info HIV, maladie de chagas, planification familiale, formation aux premiers secours, etc.) ainsi que des cours d’anglais. Les bénéficiaires de ces actions sont les habitants de 3 communautés riveraines :
- communauté 8 de diciembre (30 habitants)
- communauté de la union y progreso (80 habitants)
- communauté Puyo (40 habitants).

Les deux présidents Marion et Thierry gèrent ces activités, la FSM étant une petite structure, il n’y a aucun salarié à temps plein. Les personnes qui travaillent sur le projet sont payés à la tache quand il y a des visites à la Réserve (volontaires, étudiants, touristes et scientifiques) et/ou selon les projets financés par des organisations internationales. L’équipe de Sumac Muyu est donc constituée de 2 membres fondateurs et de 22 membres actifs. Depuis la création de la Fondation, environ une quinzaine de volontaires sont venus de France, de Hollande, d'Australie, des USA et de Russie.

FSM est financée par des donateurs individuels. Ces dons d’un montant total de $42.000 en 2012 ont permis l’achat des terres de la Réserve. Parmi les plus grosses donations, la Fondation a par exemple reçu en 2013 un versement de $25.000 de la part du programme de petites donations des nations-unies (PPD) du PNUD pour un projet de conservation des espèces, des écosystèmes, de la diversité génétique et des ressources naturelles dans la Reserve du Rio Bigal et ses environs.

La Fondation Sumac Muyu a ainsi noué des partenariats avec de grandes institutions telles que : PPD/UNPD, USAID, le Ministère de l’environnement dans le cadre de projets de conservation initiés depuis le début de la création de la réserve. Elle travaille également avec des structures associatives locales, notamment l’ONG Aves y Conservación dans le but de conserver l´habitat hivernal de la Reinita Cerúlea (oiseau). Le but de ce projet était notamment de former les populations locales à l’observation et l’identification des oiseaux, de mener le suivi ornithologique participatif et d’animer les réunions du Groupe de soutien local.

Participer à la collecte et à la retranscription des données biologiques nécessaires à la Conservation et à l’extension d’une aire naturelle protégée et privée, située en Haute Amazonie équatorienne, la Reserve Biologique du Rio Bigal.

L’objectif général de ce projet est de conserver l´environnement à travers un recensement participatif des mammifères de la faune locale. Plus précisément, la FSM souhaite déterminer la nature des mammifères les plus importants évoluant dans de la Réserve Biologique de la rivière Bigal, en Equateur (singes, pumas, oiseaux…). Ils souhaitent grâce à ce projet, pouvoir générer des informations sur les mammifères Néo-tropicaux (espèces vivant dans l’écozone néotropique regroupant l’Amérique Centrale et du Sud)

Pour se faire, la réserve a mis en place des caméra-pièges et peut ainsi observer et conserver des traces de la présence de certains animaux non observables de jour ou à l’œil nu. Une caméra-piège fonctionne comme un appareil photo attachée a un arbre, activé à distance, elle est équipée d’un capteur de mouvement et d’un capteur infrarouge. Le «piégeage» photographique est un procédé de capture des animaux sauvages en photo digitale qui permet aux chercheurs minimiser ainsi l’interférence humaine autant que possible. Ce système est utilisé dans la recherche écologique notamment pour l’estimation de la taille de la population et de la richesse des espèces, ainsi que pour la recherche sur l’utilisation de l’habitat et de l’impact des structures construites par l’homme.

Ce sont des caméras faciles à utiliser. Il s’agit dans un premier temps de choisir l’emplacement le plus adapté permettant d’obtenir les meilleurs résultats, à un emplacement régulièrement fréquenté par les animaux (en général accrochée à un arbre avec une courroie, à hauteur et distance adéquate). Ensuite, il faut « programmer » la caméra (heures de détection, nombre de photos au moment du déclanchement, etc…). Une fois posée, et selon un rythme pré déterminé (1 semaine, 1 jour, 1 mois), il faut décharger les photos sur un ordinateur. Les volontaires participeront notamment à ces tâches.
Un autre axe important consiste en le suivi des primates qui
n’apparaissent pas sur les cameras sur les caméras pièges (ils se déplacent en hauteur, de branche en branche). Parmi les espèces observées jusqu’alors dans la Réserve, une d’elle est considérée en danger par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) : le singe araignée Ateles belzebuth. Une autre est identifiée comme vulnérable, le singe laineux Lagothrix poeppigii. Le singe capucin, Cebus albifrons est quant à lui en passe d’être menacé (sources : UICN). Enfin, trois autres espèces sont considérées de préoccupation mineure : le singe hurleur Alouatta seniculus, le singe écureuil Saimiri sciureus, et le singe nocturne Aotus vociferans.

Par ailleurs, d’autres mammifères comme le tapir d’Amazonie (Tapirus terrestris), le Jaguar (Panthera onca), l’ours à lunettes (Tremarctos ornatus), le fourmilier (Myrmecophaga tridactyla), l’ocelot (Felis pardalis), le puma (Puma concolor), les pécaris (Pecari tajacu et Tayassu pecari) et les cerfs (plusieurs espèces) ont disparu des zones de la réserve dans lesquelles ils avaient l’habitude de se déplacer.

Les scientifiques et riverains de la Réserve se sont rendu compte que le développement de l’activité humaine empiétait sur les lieux de vie des animaux, de même que la déforestation et l´avancée de la frontière agricole. En dépit de cela, il y a des preuves tangibles (observations directes, empreintes et registres photographiques) qui démontrent la présence de populations abondantes et en bonne santé de ces espèces au sein de la RBRB et ses alentours.
La RBRB est également un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs tel que la “Reinita Cerúlea” (Dendroica cerúlea) qui passe l’hiver sur les flancs de la Cordillère des Andes et qui est une espèce en voie d’extinction, et presque 500 espèces d’oiseaux ont déjà été observées au sein de la Reserve.
Au fil de la mission, les volontaires seront aussi amenés à observer d’autres animaux tels qu’insectes ou arachnides, eux aussi l’objet d’inventaires et de conservation à Bigal.

La dégradation et même disparition de l'habitat de la faune ainsi que la détérioration de la diversité génétique au sein de populations fauniques de plus en plus petites et isolées sont les principales causes de l’extinction des espèces s'est très largement accélérée au cours du siècle dernier (Pimm et al. 1995 Millennium Ecosystem Assessment, 2005)

L’objectif de cette mission est donc d’avoir une idée plus concrète des espèces présentes ou de passage dans réserve, afin d’enregistrer toute changement significatif de densité. A travers cela la Fondation Sumac Muyu peut développer des stratégies de conservation pour que cette zone soit légalement reconnue intangible et qu’une protection réelle soit assurée sur le long terme.
Le Projet de Conservation de la Rivière Bigal existe maintenant depuis plus de 10 ans et n’a cessé de croitre depuis sa création. Votre visite nous aidera à le faire croitre encore plus et à assurer l’avenir des espèces tropicales en danger au sud du Parc National Sumaco en Equateur.

La Fondation formera les volontaires au début de leur mission (le jour 2 au matin à la Reserve) afin de leur présenter le projet, les règles et déroulement du séjour, les activités planifiées, les objectifs, le matériel ainsi que la méthodologie de travail, et les rôles de chacun.

Le travail sur le terrain se concentre essentiellement sur 3 axes principaux :
1. Le suivi des primates grâce à la méthode de transect/observation directe des singes;
2. L’étude des autres mammifères au travers de la collecte et de l´enregistrement des photos des caméras-pièges;
3. Le suivi de l’hérpetho faune (amphibiens et reptiles).
Des activités annexes peuvent être mises en œuvre sur place en fonction des besoins ponctuels et des microprojets mis en place au moment de la mission et des priorités pour la conservation ou l´étude scientifique.
Les journées de travail se découpent en 3 temps :

1. La matinée sera consacrée à la réalisation des transects au cœur de la Réserve (4/5h aller/retour) le long desquels les volontaires devront recenser toutes les traces de présence de singes mais également enregistrer les empreintes de mammifères rencontrées (mesures, notes et photos). Il s’agira plus précisément de reporter sur des fiches techniques des informations sur les espèces ou les empreintes rencontrées, le comportement des individus observés, leur nombre, composition du groupe, etc.
2. L’après-midi (après le déjeuner et un temps de repos) sera consacrée à l’identification des espèces photographiées par les caméras-pièges et à l´analyse de chaque photo pour ensuite les enregistrer dans une base de donnée (numéro de la photo, identification de l'espèce, date, phase lunaire, heure de l’évènement, distance de l'animal de la caméra et autres données qui apparaissant dans al base de données Excel.
3. Le soir, après le diner, aux alentours de 19h00, les volontaires doivent effectuer une sortie nocturne afin de suivre à pas très lents un transect pour effectuer le suivie des reptiles et amphibiens de la Reserve. De la même façon que pour les primates, une grande variété d’information est enregistrée par les volontaires à chaque fois qu’une espèce est rencontrée. Ces données relevées sont elles aussi intégrées à la base de données.
Thierry Garcia et Marion Hiruois (les présidents) seront les interlocuteurs principaux des volontaires tout au long de leur mission.

Nom des bénéficiaires : Réserve du Rio Bigal

Lieu de mission : Loreto

Aéroport / Lieu d'arrivée : Quito [mariscal sucre]

Transfert sur le lieu de mission

Le bureau du Projet se situe à Loreto, village de l’Amazonie équatorienne de 4000 habitants, à 6 heures en bus de Quito, et à une heure de la ville de Coca.

La Reserve Biologique du Río Bigal (RBRB) est une zone de forêt primaire très humide située au pied des Andes à environ 1000 mètres d´altitude, dans la zone tampon sud du Parc National Sumaco, dans la Province de Orellana, Canton de Loreto, paroisse de San José de Payamino. Elle est gérée par la Fondation Sumac Muyu et certains propriétaires terriens ayant décidé de s’unir à la Reserve.

Pour atteindre les infrastructures de la Reserve il faut prendre un 4x4 depuis Loreto pour un trajet d´environ une heure. De là, il faut marcher entre une heure et une heure et demi pour arriver au campement. Le climat est tropical, très humide et très chaud surtout dans les zones ayant subi la déforestation (Coca, Loreto par exemple). Les volontaires devront marcher entre 2 et 8 km par jour.

Condition d'hébergement et d'intendance

Les volontaires arriveront à l’aéroport de Quito. Un membre de la fondation viendra les récupérer et les amènera à l’hôtel pour la nuit. Le lendemain, les volontaires prendront la route en bus (environ 6 heures de route) pour atteindre la réserve, dans la province de Loreto.

Durant toute la durée de la mission, les volontaires seront logés sous tentes dans la station de recherche de la Fondation Sumac Muyu au sein de la Reserve. Elles seront installées au premier étage du bâtiment, le rez de chaussée regroupant la salle à manger, la cuisine et la douche. Ils auront à leur disposition des lampes solaires, des douches froides à l’eau de pluie bouillie, une cuisine au gaz, et des toilettes sèches.

Moyens mis en œuvre

La FSM mettra un ordinateur à la disposition des volontaires pour la saisie des données collectées.

Organisation

Les journées se découperont de la manière suivante :

Lever 7h
Petit déjeuner 7h00-7h30
Préparation sortie 7h30-8h00
Sortie de travail 8h00-12h00 (recensement, relevé d´empreintes,)
Préparation déjeuner 12h00-12h30
Déjeuner 12h30-13h00
Repos 13h00-14h00
Sortie de travail 14h00-16h00 (transect singes, photographies de la biodiversité etc.)
Rangement du matériel, réunion de travail 16h00-16h30
Douche – temps libre 16h30-18h00
Préparation dîner 18h00-18h30
Dîner 18h30-19h00
Temps libre, préparation sortie nocturne 19h00-19h30

Climat : Climat tropical très humide et très chaud.
Altitude : entre 435 et 1100 mètres.
Monnaie : Dollar
Courant électrique: 110 volts (fiches plates américaines)
Indicatif téléphonique international: 00 593

Remarques

ATTENTION :
- cette mission se déroule du dimanche au dimanche, il faut donc prévoir d'être de retour en France le lundi après la fin de la mission à cause du décalage horaire.
- l'aéroport de Quito se trouve en haute altitude (2850 mètres). Les volontaires ayant plus de 50 ans sont priés de consulter leur médecin traitant avant de postuler à cette mission et de s'assurer que leur condition physique leur permet de se déplacer en altitude.
- la mission se déroule dans un endroit isolé et difficile d'accès, aussi, au moment de faire établir son certificat médical auprès de son médecin traitant, merci de préciser à ce dernier que la zone d'intervention se trouve à 3h (marche et piste en 4X4) du premier centre de santé.

Les volontaires devront se préparer aux conditions de vie dans un climat tropical et donc humide et chaud. Les conditions d’hébergement sont très rustiques et en pleine nature. Les volontaires devront attester d’une bonne condition physique et suivre les recommandations des encadrants sur place (les transects peuvent faire jusqu'à 16km avec un dénivelé de 1000 mètres, les sentiers ne sont pas dangereux mais accidentés).
Les volontaires n’ont pas besoin de maitriser l’espagnol pour cette mission, les encadrants étant francophones.


Les volontaires devront prévoir :
Un sac de couchage pour le camping
Insecticide
Crème solaire
Serviette de bain
Médicaments de base et anti palu
Produits d´hygiène 100% recyclable.
Un Poncho de pluie
Una casquette ou un chapeau
Sandales, bottes en caoutchouc (peuvent être achetées sur place)
Pantalons longs et légers
Chemises légères à manches courtes
Chemises légères à manches longues
Un pull ou une veste légère
Batteries rechargeables
Lampe frontale

L’association dispose par ailleurs, d’un générateur pour recharger les ordinateurs et/ou batteries d´appareil photo. De plus, l’association fournit les tentes et les matelas.